Il était une fois en Bolivie… Les Zèbres (Ou le bonheur à l’état pur!)

Mise en contexte : Ici la sécurité routière et la propreté de la ville laissent parfois à désirer. Des déchets par terre, des véhicules qui poursuivent leur route aux lumières rouges, des automobilistes sans ceinture de sécurité, des piétons un peu trop téméraires, des familles de 3-4 personnes sur une moto sans casque… c’est du quotidien!

La ville s’est donc posé la grande question : Comment remédier à cela et sensibiliser les gens? La solution est à la fois farfelue et géniale. Il s’agit de plusieurs mascottes de zèbres joyeux qui s’installent chaque matin aux intersections principales pour saluer les passants et les aider à traverser, ce qui oblige les automobilistes à s’arrêter. Aussi, les zèbres ont des affiches de sensibilisation et félicitent les citoyens qui portent leur ceinture en auto, un casque en moto, etc. Du beau renforcement positif, dit l’éducatrice spécialisée que je suis! Chaque matin, je me fais un devoir de leur faire mon plus beau sourire et de leur souhaiter bonne journée. C’est impressionnant de voir comme tout le monde semble apprécier les zèbres et les écoute. J’aime aussi voir à quel point le sourire est contagieux! Je les admire.

Un soir, je vais au cinéma avec d’autres volontaires et quelques nouveaux amis du coin (Oui, nous avons maintenant quelques amis et cela est très bénéfique pour l’apprentissage de la langue et de la culture). Après le film, un ami nous dit tout bonnement : ‘’Je vais faire le zèbre demain matin, vous voulez venir?!’’ Je dois avoir mal entendu, car mon espagnol n’est pas encore tout à fait au point : ‘’Perdon, puedes repetirlo por favor?’’ Oui, oui, c’est bien ce que je croyais, il nous invite vraiment à faire le zèbre! C’est une opportunité en or, la joie monte en moi et j’accepte l’offre avec une autre volontaire.

Le lendemain matin, après quelques détours et changements d’horaire, nous voilà dans notre accoutrement. J’ai soudainement un brin d’hésitation et de stress, mais pourquoi je voulais faire ça moi? La vue de mes ami(e)s zèbres me redonne rapidement confiance (Je ne les connais pas, mais tous les zèbres sont des amis!) Nous partons donc pour une intersection ou l’on se fait rapidement expliquer le principe. Ah oui, excusez, j’avais oublié de saluer les passants en même temps! Premiers constats : Il fait très chaud dans ce costume et ma tête de mascotte n’est vraiment pas stable… pas certaine que je vais pouvoir aider des gens à traverser des rues, je vois à peine les feux de circulation (et si je les vois, je ne peux pas voir les chaînes de trottoir en même temps, dur choix à faire!) Le doute revient brièvement; pourquoi je voulais faire ça moi? Les salutations et les câlins des enfants me redonnent du courage, et voilà que 2 minutes plus tard je gambade dans la rue, salue tout le monde dans les autobus, envoie des bizous aux enfants… C’est vraiment joyeux ce truc!

En fin d’avant-midi, regroupement de zèbres à la place centrale. On obtient la permission d’enlever nos têtes de mascotte et soudainement je vois, et comprend un peu mieux ce qui se passe. C’est vraiment un événement annuel pour faire les zèbres d’un jour. Trop contente d’avoir pu et su profiter de cette opportunité!

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Je réalise ensuite que notre ami parle au micro un peu plus loin. Il parle de la fondation qu’il a créée et remercie le travail de collaboration. Il passe ensuite le micro à l’homme à côté de lui, probablement un collaborateur. Les questionnements commencent à envahir mon esprit lorsque ce dernier passe le micro à l’autre personne à côté de lui. Non, ce n’est pas ce que je crois?! Pitié, dites-moi que non. Une quatrième personne qui prend la parole… Au secours! Le zèbre qui se trouve à mes côtés me confirme mes craintes : Nous devons tous parler. Impossible. Je ne peux pas faire ça. Vite, vite, je dois trouver une solution. Fuir; Oui, courir le plus vite possible, le plus loin possible… Mauvaise idée, un zèbre sans tête qui court en plein centre-ville, ça passe difficilement inaperçu. Ah oui, j’ai trouvé; attendre que l’engin de malheur (le micro) soit rendu un peu plus près de moi, faire discrètement un pas vers l’arrière suivi de 2 pas à droite, afin de me retrouver parmi ceux qui ont déjà parlé. Une petite voix dans ma tête se fait alors entendre : ‘’Un instant la peureuse, tu vis cette expérience en Bolivie entre autres pour OSER, pour avoir moins peur et foncer. Voilà donc une bonne opportunité pour te lancer!’’ Ouf, je décide donc d’affronter cette situation, GO! Je prends le micro et parle : ‘’Bon eeee, désolée pour mon espagnol, mais j’ai bien aimé mon expérience et j’aimerais remercier tous les zèbres de partager de la joie et du bonheur dans la ville tous les jours’’ Voilà, c’est dit, ce sera suffisant. Défi relevé, sentiment de satisfaction. En extra, j’ai maintenant un certificat de zèbre affiché sur ma porte de chambre!

Si je partage cette histoire, c’est pour démontrer que bien que cette expérience de 6 mois en Bolivie soit bénéfique et enrichissante au niveau professionnel, elle l’est tout autant au niveau personnel. Parce que oui on travaille fort et nous devons nous adapter à cette nouvelle vie, mais les moments de divertissement peuvent être tout autant enrichissants et nous permettre d’évoluer. Une expérience unique qui nous permet de découvrir le monde différemment, nous permet de réfléchir, nous remettre en question et bonifier l’humain que nous sommes.

Sophyanie Labrosse

 

 

 


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