Sans retenue, je m’élance

Dans ton premier vol pour aller vers l’inconnu, vers cet étranger qu’on a choisi délibérément d’aller découvrir et de rencontrer, dans ton premier vol, ce que tu fais le mieux c’est de te poser des questions. Alors on se demande comment va être notre nouvelle vie, si on a fait le bon choix, et comment va être la découverte de cette nouvelle place que tu devras dorénavant appeler « maison ». On se fait des films, et on se demande si les films qu’on s’imagine pendant toutes ces heures de vol vont se concrétiser une fois les pieds sur le terrain. On s’imagine des choses, principalement des images qui défilent, des bandes de sons qui jouent puis des visages familiers qui s’éloignent petit à petit. Dans 6 mois, ce sera fini, mais très très vite on se console d’avoir la chance de vivre une expérience pareille et on est de nouveau tout excités.

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Les pieds sur le sol bolivien, c’est troublant, les odeurs, les bruits, les images qu’on avait dans notre tête sont enfin perceptibles. On les ressent, on les voit et surtout on les vit très très fort. On est désorientés, un peu, beaucoup. Les premières heures, on ne sait pas où aller, quoi faire avec toutes ces heures qu’on a devant soi. On a envie de tout faire, tout voir, leur parler, tous, tous, tous. Eux qui sont plongés dans leur routine. Une routine que je n’ai pas encore. Alors on panique, on regarde autour de soi et on se pose les mêmes questions qu’on s’est posées à des milliers de mètres d’altitude quelques heures auparavant.

Le temps passe, on commence à s’habituer, on le réalise un peu, mais pas beaucoup. On communique dans une langue qui nous était complètement inconnue il y a quelques semaines. On discute, on se fait des amis. On a des conversations avec les gens au marché, on devient habitués au restaurant végétarien du coin, on communique, on dit bonjour à des gens qu’on connait dans la rue en rentrant du travail. On est un peu chez nous, on a ses repères, la Plaza 25 de Mayo, le parc Bolivar et la rue Nicolas Ortiz. C’est chez nous. On commence à s’imprégner des odeurs, et maintenant on sait qu’un repas complet ça ne dépasse pas les 5$, tu ne me diras pas le contraire. Je suis au courant maintenant. Étonnement, on s’adapte et on s’y plait. On commence à avoir nos repères au travail, nos habitudes. Notre petit café le matin pour se lancer dans une journée à essayer de trouver des solutions. On cherche nos articles en espagnol et on ne réalise pas qu’un mois auparavant, on n’aurait jamais réussi.

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On prend des photos, on les envoie à nos proches. Unique moyen de les convaincre que tout va bien, oui tout va bien. Oui, c’est paisible. Sucre, c’est son nom, oui oui! Comme du sucre tu as bien compris. Et doucement, tendrement on n’est plus dépaysés. Et on est qu’aux débuts.

Dorra Bannouri


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