Une manager sans frontières à Madagascar

J’ai mis beaucoup de temps à réfléchir à ce que j’allais dire dans ce court témoignage de mon expérience ici à Madagascar. C’est difficile de décider ce qui vaut la peine d’être dit et ce qui est important seulement pour soi-même, car, disons-le, peu importe pourquoi ou pour qui, TOUT est important.

photo SarahCe stage représente énormément pour moi. C’est à la fois la fin et le commencement. Si je retrace mon intérêt pour la coopération et le développement international à ma toute première expérience, c’était il y a un peu moins de 10 ans lorsque je parrainais une école avec L’AMIE ici à Madagascar. C’est un retour aux sources, je boucle la boucle comme on dit. Cela représente donc une fin, car j’ai le sentiment d’avoir mené quelque chose jusqu’au bout. D’autant plus que mon parcours universitaire se terminera avec ce stage.

C’est également un commencement, car ce retour aux sources me ramène à une case de départ. Pas la même qu’il y a plusieurs années, mais une nouvelle case de départ pour une nouvelle étape de ma vie. Être ici, rencontrer tant de personnes incroyables, y vivre est sans aucun doute une des plus belles expériences de ma vie qui me remplit de joie et de fierté. Mais je vous mentirais si je ne vous disais pas que ça m’a également donné certaines angoisses. En partie parce qu’un horizon inconnu s’ouvre devant moi, mais aussi parce que je me suis sentie plus impuissante que jamais.

Je croyais à tort que la théorie m’aiderait, qu’elle me donnerait une longueur d’avance, une meilleure compréhension de la réalité. Ce que je ne réalisais pas, c’est à quel point mon coeur et mes émotions se retrouveraient confrontés à ma tête et toute la rationalité qui découle d’un parcours universitaire. Dire que j’ai beaucoup appris dans ce stage serait un euphémisme. Même les choses que je savais déjà sur moi-même, je les ai appris durant mon stage. J’espérais que mon stage aurait un plus grand impact sur les gens ici que sur moi-même, mais c’est probablement moi qui en sortirai la plus changée. J’avoue avoir eu de la difficulté à faire la paix avec cette réalisation, mais je sais maintenant du plus profond de mon être que même si les traces que je laisserai derrière moi seront peut-être difficiles à voir, elles seront réelles.

J’ai développé une amitié avec les personnes avec qui je travaille ici qui est plus sincère que bien des amitiés que nous avons avec les gens de notre entourage au Québec. Malgré notre impuissance mutuelle, nous avons réussi à nous redonner espoir et ça, c’est une réalisation qui bénéficie à tout le monde.

Sarah McGillivray, stagiaire Manager sans frontières

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