La mi-stage pour le groupe du Rwanda

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La première partie du stage s’achève.  Le moment est venu d’explorer le Rwanda à travers toute sa diversité.  Un horaire chargé, mais fort stimulant et soigneusement planifié nous attend. Au menu: relaxer devant le paysage du Lac Muhazi, découvrir la faune et la flore du Parc de l’Akagera, goûter l’instant de quelques jours à Kigali, profiter de la ville vivante de Gisenyi tout en s’émerveillant du Lac Kivu.

C’est d’Est en Ouest que nous avons exploré le merveilleux pays qu’est le Rwanda.  Tantôt dans des moyens de transport rudimentaires, tantôt dans des autobus plus confortables.  Tantôt à travers la ville, tantôt à travers de tout petits villages.

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Les paysages se dessinent devant nous à travers des collines qui apparaissent et disparaissent au rythme des courbes et des tournants qui se dressent sur notre route.  L’horizon se fait mobile en nous offrant des courtes -pointes de rizières et autres cultures où travaillent plusieurs paysans. Les bananiers se font omniprésents et ponctuent les paysages ruraux.

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Bicyclettes, piétons, mobylettes et voitures partagent la route.  Dans les chemins moins fréquentés, les passants se retournent presque tous pour voir qui passe par là. En nous apercevant, un large sourire se dessine automatiquement sur leur visage. Les plus jeunes poussent des cris de joie et courent vers nous en nous faisant aller la main. Nous nous sentons comme des vedettes, privilégiés d’avoir autant d’attention positive.

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À travers ces découvertes, s’ajoute une période de recueillement. C’est après une bonne nuit de sommeil, bien disposé, que nous nous rendons au Mémorial du génocide de Kigali.  Certains s’y rendent en ayant en tête des témoignages de nouveaux amis rwandais endeuillés par cette sombre période de l’histoire. On s’y rend comme on se rend dans un cimetière à la fois anonyme et trop grand. Comme à des funérailles trop tragiques et 23 ans plus tard. Afin de respecter le rythme de chacun, nous choisissons de visiter l’endroit chacun de notre côté.  C’est parmi des touristes originaires des quatre coins du monde, mais aussi parmi des visiteurs malheureusement habitués, que nous approfondissons notre connaissance des événements. Certains fondent en larmes devant la version rwandaise de cette sombre période.  D’autres sont renversés par les témoignages plus que touchants de survivants du génocide. C’est entre colère, tristesse et incompréhension que nous nous retrouvons au café du mémorial pour partager nos impressions. C’est dans cette prise de conscience approfondie que nous poursuivons notre exploration du Rwanda, ayant maintenant une meilleure perspective historique de ce pays que nous découvrons depuis maintenant plus d’un mois.

Dès le lendemain, nous avons la chance incroyable de faire un safari au Parc de l’Akagera. Pendant deux jours, nous nous émerveillons devant la faune abondante du Parc de l’Akagera.  Après ces journées extraordinaires, nous reprenons la route vers un autre coin de pays.

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Une fois à Gisenyi, tout à l’Ouest du pays, après plusieurs heures de route, nous profitons des attraits du coin. Nous explorons notamment le marché, endroit fort convivial.  À notre retour, une femme se met à nous suivre en marchant d’un pas rapide, les traits du visage durs, en vociférant dans une langue qu’il nous est impossible de comprendre.  Nous comprenons rapidement, en bons intervenants sociaux que nous sommes, que nous avons probablement affaire à une dame ayant des troubles de santé mentale.
Plus tard dans la journée, nous allons à un restaurant au bord de la plage pour déguster la spécialité locale: le poisson. À quelques mètres de notre table, nous apercevons à nouveau celle que j’appelle la femme au chapeau rouge.  Silencieuse, elle s’approche de nous. Elle se tient à côté de nous, debout, et nous fixe. Nous lui demandons dans notre kinyarwanda très rudimentaire si elle a faim. Aucune réponse.  Elle nous regarde toujours.  Plus tard, un gardien de sécurité arrive.  Il s’approche doucement de la dame. Il la questionne gentiment sur ce qu’elle veut. La dame reste dans son mutisme.  L’homme va chercher les sandales de la dame qui étaient restées sur la plage.  Il l’aide à les enfiler, probablement avec la même douceur qu’il l’aurait fait avec sa propre grand-mère.  Il lui prend la main et l’aide à se lever.  C’est dans un respect des plus total que l’agent de sécurité amène la dame plus loin, en s’adaptant à son rythme.  C’est ainsi que nous avons été les heureux témoins de la tolérance et de la douceur rwandaises. En tant qu’intervenants, nous considérons avoir beaucoup à apprendre de cette façon de faire des plus humaines.

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C’est la tête remplie de souvenirs et de découvertes que nous revenons à Butare, notre chez nous rwandais. Dès notre arrivée, nous nous préparons pour vivre une expérience culturelle très significative: le mariage.  Avant même notre arrivée au Rwanda, Jeanne, psychologue à l’OPDE, nous avait invités à son mariage.  C’est tout honorés, ce matin-là, que nous enfilions les habits traditionnels rwandais. Après avoir eu quelques péripéties avec les coiffeurs inexpérimentés avec les clients aux cheveux lisses, nous nous rendons à la dot.  C’est lors de cette cérémonie que les familles des deux futurs époux discutent de la fiancée.  La famille de l’homme offre un cadeau à la famille de la femme en guise de remerciement.  Les chants traditionnels ponctuent cette cérémonie colorée de toutes les tenues à la fois flamboyantes et élégantes des femmes présentes.  Les hommes, quant à eux, se montrent sous leur plus beau jour avec leurs complets d’une grande classe. Après que les mariés soient réunis, plusieurs cadeaux leur ont été offerts.  Nous avons ensuite mis la main à la pâte en servant le repas partagé par tous les invités.  Nous avons pris le chemin de l’église pour célébrer le mariage comme tel. Sous les yeux des membres de cette paroisse, ces deux jeunes gens sont devenus mari et femme. Une séance photo ainsi qu’une réception à l’extérieur ont clos la journée.  Cette expérience, malgré la barrière de la langue, nous a permis une immersion culturelle des plus significatives.  Nous avons compris l’importance de ce moment dans la vie du couple, mais aussi pour la communauté.  Le mariage, contrairement à plusieurs couples québécois, est bien plus qu’une fête.  C’est une célébration, certes, mais qui marque un tournant dans la vie des nouveaux époux qui connaîtront désormais la vie commune.

Une fois l’effervescence de notre retour à Butare ajoutée à celle du mariage estompées, nous avons pu échanger avec nos familles sur notre expérience de mi-stage.  Au cours des discussions, plusieurs constatent la chance que nous avons eu de voir autant de ce que le Rwanda a à nous offrir.  Aussi, petit soit ce pays, plusieurs n’ont pas la chance de voir ne serait-ce que la moitié de ce que nous avons pu découvrir, et ce, même pour les familles les plus fortunées. Cette mi-stage, tant attendue, devient alors, à nos yeux, un immense privilège. C’est donc dans la reconnaissance et la gratitude que nous entamons la deuxième moitié de notre expérience.

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groupe QSF 2016-2017 – Rwanda

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