Burundi : Rencontre des couples « Vivre en harmonie »

juillet_3_DSCF9581Une rencontre en faveur de 39 couples bénéficiaires du projet sélectionnés comme groupe témoin parmi plusieurs bénéficiaires a eu lieu au centre. L’objectif était de renforcer le climat familial, susciter le changement de comportement dans les ménages des couples assistés par le projet SMNE afin d’atteindre une vie meilleure, agréable, exemplaire et harmonieuse.

Les thèmes abordés à cette rencontre étaient :

1) Égalité de genre
2) Violence conjugale
3) Santé sexuelle et génésique

Égalité de genre
L’intervenante sociale qui avait en charge le thème égalité de genre a commencé en remontant de la tradition burundaise en disant qu’une fille à l’époque n’était pas considérée de la même manière que le garçon. En effet, elle était défavorisée dans beaucoup de cas. Elle était considérée comme une personne inférieure, limitée au niveau des compétences par rapport à son frère.

En guise d’exemple, la tradition burundaise donnait à la fille dès sa naissance une étiquette : « Umukobwa ni akarago k’abaraye » ce qui signifie qu’une fille est considérée comme une nappe des visiteurs, c’est-à-dire que la fille n’appartenait pas entièrement à sa propre famille. Elle pouvait être prise par n’importe quel passant (mariage).  Tandis que pour un garçon, on disait : « Umuhungu ni igikingi c’irembo » ce qui veut dire qu’un garçon c’est un pilier de la maison. Cette considération donnait plus de faveur et d’importance au garçon qu’à la fille.

Comme on avait déjà remarqué que dans les ménages, plusieurs hommes ont encore cette mentalité, le choix de ce thème était de sensibiliser plusieurs maris à changer le comportement en cassant cette fausse mentalité dans le but de renforcer l’égalité entre mari et femme. De même, dans la famille, le mari se croyait toujours supérieur à sa femme. Cela s’explique par le fait que les femmes s’occupent elles seules des activités ménagères sans aucune assistance ni appui de la part de leurs maris, même en cas de grossesse. Aussi, les femmes n’avaient pas le droit de décision dans la famille.  Les bénéficiaires ont été interpellés à se compléter mutuellement dans le but d’assurer le développement et le bien-être familial.

Un accent particulier a été mis sur les caractéristiques d’un bon fondement du foyer qui sont : l’amour, le pardon, la fidélité, le dialogue, la prière, et le respect mutuel. Cela permet à la famille d’avancer au niveau économique et les enfants issus de leur union grandissent dans un climat de confiance, de sécurité et entourés de l’affection parentale, ce qui permet une croissance et un développement psychologique et physiologique.

juillet_2_DSCF9572Violence conjugale
Le psychologue a donné la définition de la violence conjugale comme étant une agression exercée par un des conjoints sur l’autre et qui peut se répercuter sur l’enfant ou sur le fœtus chez une femme enceinte.

Il a également cité les types de violence comme: physique, psychologique, verbale, sexuelle, économique, etc. avec leurs conséquences dans la famille et dans la communauté.

Au Burundi, on retrouve les différentes formes de violence:

  • Violence physique : Des femmes sont encore battues par leurs conjoints;
  • Violence sexuelle : Des rapports sexuels se font encore sans consentement;
  • Violence verbale : Des femmes ou des hommes s’injurient par manque de dialogue;
  • Violence économique : Les femmes n’ont pas droit de décider sur les biens familiaux, etc.

À la suite de l’atelier avec le psychologue, les réactions sont telles que : Quelques hommes qui étaient présents commencent à être conscients de cette réalité et à entreprendre un changement de comportement vis-à-vis de leurs femmes. Quelques couples continuent à consulter le psychologue pour demander conseil et des explications de leurs problématiques.

juillet_5_DSCF9575Santé sexuelle et génésique
Quant à la santé sexuelle et génésique, la médecin a d’abord donné la signification de santé sexuelle qui est l’intégration des aspects somatiques, émotionnels, intellectuels, et sociaux de l’être sexuel, de manière qu’elle enrichisse de façon positive, rehausse la personnalité et renforce la communication et l’amour. Tandis que la santé génésique c’est un état bien-être complet, physique, mental et social et pas uniquement l’absence de maladie ou d’infirmité, pour toutes les questions concernant le système.

La santé génésique suppose que les personnes sont en mesure d’avoir une vie sexuelle satisfaisante et saine et qu’elles ont la capacité de se reproduire et sont libres de décider de l’opportunité et du moment de le faire, ainsi que du nombre de fois. Les couples ont appris les facteurs et les différentes causes qui sont à l’origine de la mortalité maternelle et infantile : l’hémorragie, les septicémies, avortement insalubre, troubles hypertensifs, arrêt de la progression du travail et autres causes indirectes. Ils ont été aussi formés sur les facteurs qui bafouent certains droits de la vie ; il s’agit du mariage précoce ou forcé, de la non-scolarisation, de certains droits nationaux qui ne permettent pas l’avortement volontaire et la non-autonomisation de la femme dans la prise de décision.

La leçon morale tirée dans ces enseignements était que la santé sexuelle et génésique est l’affaire de tous.

Chronique préparée par NICAYENZI M.Goreth, intervenante sociale du projet AMIE
Sous l’appui de : BANTEGEYEKO Denise, coordinatrice du projet AMIE CANADA

 

Sur une des photos, l’objet que la médecin tient en main est le collier de pointage utilisé comme méthode naturelle dans le planning familial. Elle a expliqué que le mari doit s’impliquer beaucoup pour que cette méthode réussisse.

*Note : « Au Burundi, les violences contre les femmes, sont en augmentation quasi-constante depuis plusieurs années. Ainsi, en 2013, 6.000 cas ont été enregistrés, dans seulement six provinces sur dix-sept, et le centre Seruka dénombre en moyenne, 1500 cas de violences sexuelles par an. La violence à l’égard des femmes s’entend comme « tous actes de violence dirigés contre le sexe féminin, et causant ou pouvant causer aux femmes un préjudice ou des souffrances physiques, sexuelles ou psychologiques, y compris la menace de tels actes, la contrainte ou la privation arbitraire de liberté, que ce soit dans la vie publique ou la vie privée ». C’est l’une des formes de violation les plus systématiques et les plus répandues des droits de l’Homme ; elle touche toutes les femmes, indépendamment de leur âge, statut économique, niveau d’éducation. D’après des données recueillies dans plusieurs pays par ONU Femmes, 15 à 76% de femmes sont la cible de violence physique et/ou sexuelle au cours de leur vie. La majorité de ces violences se produisent au sein des relations intimes. »
Tiré du Rapport Final – La prise en compte des violences basées sur le genre au Burundi : Analyse des perceptions et obstacles, juillet 2014, Impunity Watch : https://bit.ly/2Jx9FZH

 

Pour lire les chroniques précédentes :
https://aideinternationalealenfance.wordpress.com/category/chroniques/ 

Pour en apprendre plus ou soutenir ce projet qui est présentement en campagne de financement : www.amie.ca

bannière Facebook - campagne financement-projet santé mère-enfantCe projet est financé par le gouvernement du Canada par l’entremise d’Affaires mondiales Canada.

 

 


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