Portrait de ma réalité subjective

Trop occupée par mes études et peu d’argent en poche : je n’avais aucune intention de quitter mon île de sitôt. Seulement, certains événements imprévisibles sont venus chambouler mes plans futurs. L’affection que j’octroyais pour mon chez moi s’était transformée en aversion par association. Tout d’un coup, je ressentais ce besoin de vivre plus, ailleurs.

C’est dans cet ordre de pensée que je suis tombée, par hasard, sur l’offre de stage en coopération internationale. À cet instant, je ressentais de l’espoir. Et c’est ainsi, que j’appliquais, sans attente. Sans trop savoir réellement où cette décision me mènerait.

***

Je me souviens de mon premier séjour hors de la ville de Sucre : sur la route, seule, je contemplais les montagnes au loin. Je me sentais soudainement émue. J’étais fière d’avoir eu le courage d’oser et de foncer vers l’inconnu. Je réalisais l’opportunité unique que j’avais de pouvoir vivre, voyager et travailler en Amérique du Sud, et ainsi, d’accéder à une culture et un environnement complètement différent de ce que je connaissais.

photo camille1

Mes émotions variaient au gré des expériences. Parfois, je me sentais comme une femme heureuse et épanouie, d’autres fois, je ressentais une pesante solitude et une vague de nostalgie. Je devais me rendre à l’évidence : cela faisait partie intégrante de l’expérience de stage.

Au fil du temps, les maux de tête et la fatigue, reliés à l’épuisement de sans cesse se concentrer pour comprendre la langue, disparaissaient peu à peu. Après deux mois d’acharnement et de détermination, je pouvais finalement communiquer fluidement avec les personnes que je côtoyais tous les jours. Je développais, peu à peu, une confiance, et cela tant en mon savoir-être et qu’en mon savoir-faire. Ainsi, je pouvais enfin m’investir dans les tâches qui m’avaient amené à me lancer jusqu’ici. Je commençais à élaborer des ateliers de sensibilisation et d’éducation dans le but de prévenir la violence intrafamiliale et développer les habiletés sociales des jeunes avec qui je travaillais. Le projet prenait tranquillement forme. J’avais la chance d’apporter mon humble contribution lors de mon passage.

Je demeurais réaliste, cette contribution s’avérait vraisemblablement restreinte. Certaines pratiques demeurent ancrées dans les couches profondes de la société, et ainsi, ma présence pour une durée de six mois n’allait pas arrêter subitement cette problématique. Cependant, je gardais espoir que les adolescents allaient en ressortir avec une meilleure compréhension de la violence et allaient être en mesure de privilégier d’autres moyens dans leurs relations interpersonnelles.

Certes, j’apportais quelque chose, mais rien ne se comparait à la présence constante des volontaires boliviens(ne)s. Leur dévouement, leur engagement, leur implication apportent sincèrement toute la différence dans la vie des jeunes qui fréquentent le centre où je réalisais mon stage. Plus particulièrement lorsque ces derniers présentent des problématiques d’apprentissages ou même comportementales. Les sentiments d’appartenance, d’entraide et de communauté me touchaient constamment. Cela contrastait particulièrement avec l’individualisme de la société occidentale auquel j’étais continuellement exposé auparavant. J’avais l’occasion d’observer cette richesse culturelle, cette possibilité de vivre et penser différemment.

photo camille 2La paloma rescapée du Wiñay.

***

Il y a des expériences qui nous permettent d’évoluer, et ce, tant sur les plans personnels que professionnels. Mon stage, d’une durée de six mois en Bolivie, fera, sans aucun doute, partie de ses expériences qui auront contribué à changer mon regard sur une panoplie de réalités, qu’elles soient subjectives ou sociales. La Fundacion Wiñay Intercultural, le lieu où j’ai occupé mes fonctions, porte bien son nom puisque Wiñay, en Quechua, signifie grandir.

 Je retourne à Montréal, grandi.

Camille Nadeau- stagiaire PSIJ 2019 à titre d’agente en intervention sociale à Sucre, en Bolivie.

photo camille 3

En compagnie de muchachas que j’ai eu la chance de côtoyer.

 

 

photo camille 4Une course jusqu’en haut… Merci à ma partenaire de voyage, Roxann, d’avoir fait partie de mon périple.

 

 

Ces stages sont possibles grâce au financement d’Affaires mondiales Canada.  Pour consulter les offres de stage de L’AMIE, cliquez ici.


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