Bolivie en 165 jours

31-07-2019 (26)-20

Alors que le 6e mois dans la ville de Sucre, en Bolivie, tire à sa fin et que l’ère des bilans et rapports commence. Je tente tranquillement de faire le point sur toute cette moitié d’année afin de vous dresser un portrait le plus concret possible de ce qu’est un stage de coopération internationale, ou du moins, une des 1001 façons de vivre un stage de coopération internationale. Vous avez probablement lu dans les derniers blogues, toute la gamme d’émotions par laquelle on passe durant ce qui peut sembler si peu de temps, ma mission pour la prochaine page sera de vous les insérer dans un contexte de stage, de travail et de quotidien.

                    2 jours après mon arrivée dans la ville de Sucre en Bolivie, je passe pour la première fois les portes qui m’accueilleront tous les jours pour les 6 prochains mois. J’entre à la Fundación Wiñay intercultural en même temps qu’une armée d’enfants de tous âges, courant, criant et riant à gorge déployée vers des salles disparates et sans titre. J’entre au hasard dans une des salles me disant que quelqu’un allait bien me dire quoi faire. Lorsque ce moment vînt, j’eus probablement le même regard qu’un cerf rencontrant une voiture sur l’autoroute, grands yeux écarquillés, figée et un peu paniquée; je n’avais rien compris. Ces premières 10 minutes résument à peu près l’entièreté du premier mois. Avec la directrice du centre, nous avions décidé que le projet débuterait seulement un mois plus tard afin de me permettre de m’acclimater. C’est ce que j’ai fait. Un mois à fixer les gens sans raison, à écouter attentivement des conversations auxquelles je ne faisais pas partie et à éclater de rire en même temps que tout le monde, bref tous ces moments particulièrement malaisants m’ont quand même permis de pouvoir maîtriser la langue un peu mieux, de comprendre le fonctionnement du Wiñay et de créer quelques liens avec les enfants et les autres volontaires.

Étonnamment, c’est le deuxième mois que j’aurais voulu nommer «commencement», le premier mois étant tellement nouveau et incompréhensible que je ne pense pas avoir de souvenir très concret. Bref, ainsi commence le projet pour lequel je suis venu, nous étions deux stagiaires canadiennes dont le projet était de nous occuper d’un jardin urbain sur le toit du centre ainsi que de former un petit groupe d’enfants aux enjeux environnementaux et à l’importance de prendre soin de notre planète. Nous avions pleins d’idées : Former une brigade écologique, faire des animations théoriques, des ateliers pratiques au jardin avec notre brigade, travailler avec les mères pour implanter des jardins directement dans les maisons, faire des ateliers de cuisine et de transformation de produits, implanter un système de compostage… sky is the limit. Alors, après consensus avec la directrice, on commence à mettre en branle toutes ces bonnes idées, on recrute des jeunes intéressés, on fait un échéancier particulièrement détaillé, on monte une planification mensuelle pour les 6 mois, une liste de matériel, un budget et on entame même nos plans d’animations pour nos activités théoriques. La motivation est à son comble et rien ne pouvait briser nos rêves de grandeur. C’est vers la fin du mois, après avoir acheté le matériel nécessaire, après avoir semé au jardin et commencé avec entrain nos activités avec les enfants, c’est à ce moment que survînt la première chute se traduisant comme suit : « Voyons, y’a rien qui pousse…».

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Ainsi commença le 3e mois, que j’appellerai «problèmes».

Bien que ma routine soit bien établie rendue à cette étape, que je me sentais terre à terre et émotionnellement stable, ça ne m’a pas empêché d’être bien secouée par l’écroulement de toutes mes bonnes idées et mes plans élaborés à la nord-américaine. Les enfants du groupe que nous avons recrutés viennent de façon totalement aléatoire, à des moments non planifiés, les graines semées ne germent pas, nous n’avons toujours pas rencontré les mères, nous avons de la difficulté à créer des animations en espagnol et nous avons dû recommencer au moins 10 fois notre belle planification à cause des éléments inattendus nommés ci-haut. Enfin vous vous imaginez le portrait. Le seul élément de réussite durant ce long mois fut la mise en place du compost au centre, tout le monde a bien apprécié ce projet et s’est dédié à collecter tout ce qu’il y avait de vert autour d’eux en disant «compost?».

4e et 5e mois, «second souffle» et «adaptation».

Je ne crois pas avoir accompli grand-chose lors du 4e mois, à part avoir eu hâte à mes vacances, je ne me souviens pas non plus avoir vécu de grands sentiments intenses (j’en suis même venue à me demander si je n’étais pas apathique). Mes 10 jours de vacances m’ont sincèrement permis de décrocher, découvrir et revenir avec une énergie nouvelle. Second souffle. Le printemps commence en Bolivie, le temps chaud est à nos portes et j’ai espoir que notre jardin se verdira un peu plus. Heureusement mon souhait est exaucé vers le début du 5e mois.

Mais! Dénouement inattendu, c’est lorsque les fruits de mon labeur commençaient à se pointer le bout du nez, que je reprenais une certaine confiance en mon projet et que, bien que le côté émotionnel voyait d’un bon œil le retour à la maison, le côté professionnel était enchanté des avancements du projet et avait hâte de voir la suite. C’est vers ce moment que la Bolivie a connu des troubles politiques qui ont écourté mon séjour de deux petites semaines. C’est donc à 5 mois et 2 semaines en Bolivie que je retourne vers mon pays, toute en joie et excitation d’y trouver un certain repos cérébral. On sous-estime beaucoup les petites joies qu’apporte le temps froid et gris, de toujours savoir dans quelle direction est l’épicerie, de pouvoir commander dans sa première langue ou de ne pas devoir penser à mettre le papier de toilette dans la poubelle après utilisation. C’est ainsi que je vous laisse méditer sur cette dernière affirmation… Merci de votre lecture!

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  • Le Winay est un organisme communautaire pour les enfants, de 3 à 17 ans qui a pour but de les appuyer dans leurs devoirs ainsi que leur offrir des activités parascolaires (danse, chant, art, cuisine, etc.). On retrouve des éducateurs ainsi que des volontaires disponibles pour aider les enfants et offrir des activités. Par exemple, un des volontaires a commencé il y a quelques années, un jardin urbain sur le toit du centre, ce jardin sera l’objet principal de notre visite au Winay, à moi et Laurence, autre stagiaire canadienne.

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Annabelle Caron- stagiaire PSIJ 2019 en Bolivie à titre d’agente en sensibilisation à l’environnement.

 

Ces stages sont possibles grâce au financement d’Affaires mondiales Canada.  Pour consulter les offres de stage de L’AMIE, cliquez ici.


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