Les comités de filles : la voix des survivantes de violences basées sur le genre

par Clement Ndayisenga, collaborateur au projet

Ce mois-ci, l’équipe du Centre Marembo vous présente les piliers de l’approche participative mise en place dans le cadre de la mise à l’essai Byuka bakoba! : les comités de filles. Ces comités visent à impliquer les participantes de Byuka bakobwa! dans le suivi-évaluation du projet, ces et à favoriser le développement de leur confiance en elles.

Le rôle des comités de filles dans le projet Byuka bakobwa!

Afin de mettre en œuvre efficacement ce projet, les participantes de chacune des cohortes ont voté trois représentantes de classe. Celles-ci sont des étudiantes qui assistent l’enseignante dans les tâches courantes. Elles maintiennent la discipline de classe en l’absence de l’enseignante et dirigent la classe à travers diverses activités. Elles doivent servir de modèles pour le reste des étudiantes. De plus, les représentantes aident à l’organisation de certains travaux de classe, notamment le maintien de la propreté des classes et des alentours.

Figure 1-Les six membres des comités de filles.

Quelle est l’importance des comités des filles?

Les comités des filles jouent un rôle extrêmement important : les représentantes de classe facilitent la communication entre l’équipe de projet du Centre Marembo et les étudiantes, d’une part, pour favoriser la réussite scolaire et une expérience sociale positive, et d’autre part, pour identifier et aider à résoudre divers sujets de préoccupation des étudiantes.

Facilitation et plaidoyer par les pairs

Les représentantes ont appris à bien connaître les étudiantes en établissant des relations étroites au sein des classes. Elles sont ainsi mieux placées pour comprendre les besoins réels des filles; cela permet aussi d’éviter de surcharger le personnel de Byuka bakobwa!, puisque les comités peuvent arriver à répondre à certaines des questions posées par les étudiantes.

La gestion des conflits

Ce processus consiste à limiter les aspects négatifs d’un conflit tout en en augmentant les aspects positifs. La gestion des conflits vise à améliorer l’apprentissage et les résultats du groupe, y compris l’efficacité ou la performance dans un cadre organisationnel. Sur ce point, les représentantes peuvent occuper le rôle de médiatrices dans certains conflits ou désaccords entre étudiantes. Elles peuvent également agir à titre de conseillères pour aider à redresser une situation de conflit latent.

Transformation personnelle et collective

Les élues sont pleinement engagées dans leur mission. Elles s’efforcent d’être des modèles en matière de discipline et d’éthique en général, de maintenir la confiance des autres, ainsi que de donner une bonne image des équipes. Elles se caractérisent par leur honnêteté. Les comités de filles favorisent la solidarité entre les étudiantes, tout comme l’entraide et la promotion de l’esprit d’équipe lors de travaux pratiques et d’actions sociales, veillant à ce que les étudiantes s’autoévaluent pour elles-mêmes afin d’adopter un comportement positif et maintenir leur engagement tout au long de la mise à l’essai.

Devenir la voix des survivantes de violences basées sur le genre (VBG)

Les jeunes filles participantes renforcent leur confiance en elles depuis qu’elles ont intégré le projet, notamment grâce au soutien de mentores, des femmes qui exercent des métiers traditionnellement masculins, et à une série de cours visant le développement de compétences personnelles. L’existence des comités de filles permet également à chacune des participantes de se faire entendre en devenant leur voix. L’une des représentantes s’est exprimée ainsi :

« il y a beaucoup de choses qui ont changé après avoir rejoint Byuka bakobwa! Le Centre Marembo nous a redonné la dignité, c’est pourquoi j’ai l’ambition d’être la voix des autres survivantes de VBG dans ma communauté, car je connais la douleur de ces personnes. Et aussi j’apprendrai à mes parents à savoir qu’être survivante de VBG ou mère adolescente n’est pas un crime, une survivante de VBG est un être humain comme les autres ».

Figure 2-Sous les applaudissements, une représentante de classe dirige une séance de discussions.

Ces comités de filles continueront à mener les groupes après la formation professionnelle du projet Byuka bakobwa!, au sein des deux coopératives qui seront mises en place en 2022 : une pour les motardes et l’autre pour les carreleuses.

Nous vous revenons en janvier 2022 pour la suite des nouvelles de Byuka bakobwa! Joyeuses Fêtes!

*Le titre du projet se traduit en français par « les filles, debout et réveillez-vous! ». Byuka bakobwa! est une solution innovatrice qui est testée par le Centre Marembo, partenaire de L’AMIE au Rwanda, et est financé par le Fonds pour l’innovation et la transformation. Elle offre un programme de formation professionnelle non traditionnel à 60 jeunes filles survivantes de VBG sélectionnées, à Kigali, au Rwanda, dans un cadre sécuritaire et épanouissant, un accompagnement psychosocial et de femmes mentores professionnelles et la sensibilisation du milieu autour de la question des VBG et de l’égalité entre les genres. Le résultat visé est d’améliorer les compétences professionnelles et personnelles des filles, et d’améliorer leur confiance en elles et leurs pouvoirs personnels, ce qui, au bout du compte, contribuera à leur rétablissement global.

 

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